
Il y a 45 ans de cela, à des milliers de kilomètres d'ici, vivait un homme et une femme aux origines des premières nations les Indiens d'Amérique, l'Irlande, l'Ecosse et la France.
Sous le signe de l'aurore boréale qui caresse langoureusement l'horizon plat et lointain du Québec.., sous les hurlements éloignés des meutes de chiens de traîneaux.., sous les "callés" de l'orignal et sous le signe du poisson est née Mireille Desroches.
Avec ses trois frères et une soeur, dont naîtront 13 descendants, tous resteront des gamins dans l'âme, aimant jouer de la subtilité et gardant la tête bien froide devant la réalité de la vie. Sa première jeunesse, Mireille la passera en banlieue de Montréal où elle se met à peindre dès l'âge de 11 ans. A partir de 12 ans déjà, elle va vivre une adolescence tumultueuse, ira en Gaspésie dès l'âge de 14 ans et se soûlera de fresques peintes à même les murs de maisons de gens qui l'hébergent le temps de finir l'oeuvre. A 20 ans elle est membre des artistes de Montréal où elle expose et vend ses travaux dans les rues de la ville.
La vie ne la ménagera pas. Elle a un fils à 20 ans et se sépare du père de l'enfant quelques mois plus tard. Elle luttera contre l'adversité en travaillant de jour dans une usine de carton et en suivant des cours d'art pictural le soir à l'université du Québec à Montréal.
Ayant envie de vivre autre chose, elle envisage d'aller dans un pays lointain qui l'a toujours fait rêver, la Suisse. Son minois arrondi adouci les raideurs de la vie qu'elle a subit plus qu'elle ne l'a voulu, les coups de griffes des loups ne l'ont pas épargnée. Malgré le fret (froid glacial) et le souffle du vent qui pousse sa destinée vers un inconnu parfois inattendu.
Mireille a toujours eu pour moteur de vie son coeur. De nature très déterminée et aimant les défis, à 25 ans elle décide de retourner sur les bancs d'école à pleins temps pour y obtenir le diplôme d'infirmière tout en travaillant comme aide-soignante la nuit et sans oublier son fils alors âgé de 5 ans. Au bout de trois ans d'acharnement elle acquiert son nouveau titre. Pour elle c'est " LA LIBERTÉ ". Ce diplôme sera son passeport pour la Suisse, le pays de Heïdi, où elle viendra y vivre.
Elle a rêvé de printemps, de montagnes qui protègent les villages, de fontaines fleuries et de cascades chantantes, de la vie tout simplement. Le CHUV de Lausanne est en 1995 la porte d'entrée pour la Suisse de ses rêves d'adolescente. Elle donnera, après un an déjà, des cours de peinture à quelques enfants dans son petit studio d'Épalinges.
En 1999 elle rencontre Laurent, son futur mari, c'est l'Amour qui frappe enfin à sa porte. Deux enfants naîtront de cette union, deux filles au sourire éclatant. Le Saint-Laurent de sa jeunesse a été dépassé par le Laurent de ses rêves, la boucle est bouclée même si en 2007 Mireille se sépare de cet amour.
Depuis elle se consacre totalement à son art. Peinture et cours de peinture animeront son quotidien. La Suisse étant à ses yeux un Québec en miniature elle s'y sentira rapidement heureuse et comblée. L'image du lac Léman, la silhouette des montagnes, cette féerie de couleurs, de lumière, et sa famille devenue son refuge.
Mireille cherche toujours à être entre ses toiles et le soleil afin que celui-ci les illumine. Ce qu'elle veut nous démontrer, c'est l'expression de sa soif de simplicité, de bonheur simple, de l'homme, de la femme, de la vie et de cette lumière qui l'entoure.
Mais elle ne s'arrêtera pas. Cette artiste remplie d'idées mettra en œuvre cette magie des couleurs. C'est en 2006 que Mireille prendra une arcade à deux étages pour y exploiter une boutique de matériel d'artiste, une galerie, et bien évidemment son atelier.
Aujourd'hui, en toile de fonds, elle donne des cours de peinture aux enfants et aux adultes. Son Atelier Le P'tit Peintre reflète très bien la personnalité de cette artiste sensible, émotive et très spontannée. Sa technique qui est celle de l'intuition, feront le bonheur de ses élèves. C'est presque de la thérapie diront certains. Mais quel bonheur de peindre !
On ajoutera que de la fondue elle en connaissait le nom mais pas la recette... Désormais c'est elle qui s'est fondue dans le caquelon. Eh oui ! La nouvelle Suissesse pourra désormais vous donner la recette, et ce depuis le 10 novembre 2004.
Bernard MATHIEU